Le calme a été rompu ce samedi matin au Mali. Des tirs nourris ont retenti dans plusieurs localités stratégiques, notamment à Kati, ville garnison située aux portes de Bamako et résidence du chef de la junte, le général Assimi Goïta.
Selon des sources sécuritaires et locales contactées par l’AFP, l’alerte ne s’est pas limitée à la zone de la capitale : des détonations ont également été signalées à Gao, la métropole du Nord, ainsi qu’à Sévaré, centre névralgique de la région de Mopti.
Bien qu’aucune revendication n’ait été formulée pour l’heure, ces événements surviennent dans un climat de haute insécurité, où le pays reste la cible d’attaques régulières menées par des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique.
Au Mali, un pouvoir militaire ancré et un virage diplomatique russe
Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, le Mali a radicalement transformé ses alliances. En rompant avec la France et ses partenaires occidentaux, Bamako s’est tourné vers Moscou. Sur le terrain, l’influence russe s’est consolidée : après le retrait du groupe Wagner en juin 2025, c’est désormais l’Africa Corps, sous le contrôle direct du ministère de la Défense russe, qui épaule l’armée malienne.
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À l’intérieur, la junte a durci son emprise sur le pays. Alors qu’une transition vers un pouvoir civil était initialement promise pour mars 2024, le calendrier a été balayé. En juillet 2025, un nouveau cap a été franchi : le général Assimi Goïta s’est vu octroyer un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable indéfiniment et sans passage par les urnes, tandis que les partis politiques et les voix critiques de la presse continuent de faire l’objet d’une répression sévère.
