Le président français Emmanuel Macron a réaffirmé, mardi 12 mai 2026 à Nairobi, que les autorités maliennes « n’ont pas pris la meilleure décision » en exigeant le départ des forces françaises en 2022, alors que le Mali fait face à une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire.
S’exprimant à la clôture du sommet Africa Forward, le chef de l’État français est revenu sur la rupture entre Paris et Bamako ainsi que sur les conséquences sécuritaires observées depuis le retrait des troupes françaises. Cette déclaration intervient au lendemain d’une réponse publiée sur le réseau X par l’équipe de communication de l’ancien Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga, détenu à Bamako depuis août 2025.
Dès son arrivée à Nairobi le 10 mai, Emmanuel Macron avait soutenu que les autorités maliennes avaient demandé le départ de la France après le coup d’État ayant porté les militaires au pouvoir. « Vous ne voulez plus de la France parce que vous ne voulez plus lutter contre le terrorisme ? On s’en va. Comme on dit en bon français, sans rancune », avait-il déclaré devant la presse, estimant ensuite que les récents événements démontraient que cette décision n’était « probablement pas la meilleure » pour le Mali.
Le président français faisait notamment référence aux attaques coordonnées des 25 et 26 avril 2026 ayant visé plusieurs villes maliennes, dont Bamako, Kati, Gao, Kidal, Sévaré et Mopti. Selon les autorités maliennes, ces offensives ont été attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM-JNIM), affilié à Al-Qaïda, avec l’appui du Front de libération de l’Azawad (FLA). Le ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara, a été tué lors de l’attaque de sa résidence à Kati, tandis que le chef du renseignement Modibo Koné a été blessé. Des affrontements ont également été signalés dans plusieurs localités du nord du pays, notamment à Kidal, Aguel’hoc, Tessalit et Tessit.
Bamako dénonce la version française des faits
Dans un entretien accordé le 12 mai à France 24, RFI et TV5Monde, Emmanuel Macron a une nouvelle fois associé le retrait français au « refus des juntes de poursuivre la lutte contre le terrorisme ». Il a également évoqué le rapprochement de Bamako avec des partenaires militaires russes après le départ des soldats français.
La veille, Choguel Kokalla Maïga avait contesté cette lecture des événements à travers une déclaration diffusée par son équipe de communication. Selon lui, la rupture entre Bamako et Paris remonte au coup d’État du 24 mai 2021 ayant porté Assimi Goïta à la tête de la transition.
L’ancien chef du gouvernement affirme que la France aurait annoncé « unilatéralement et sans préavis » le retrait de l’opération Barkhane et son redéploiement vers la zone des Trois Frontières, ajoutant que les autorités maliennes auraient appris cette décision par voie de presse.
Choguel Maïga défend la ligne souverainiste des autorités de transition
Dans sa déclaration, Choguel Maïga accuse également Paris d’avoir tenté d’imposer ses choix politiques aux autorités maliennes et d’avoir cherché à empêcher toute coopération militaire entre Bamako et la Russie. Il soutient par ailleurs que la Force Takuba se serait déployée au Mali « sans l’autorisation des autorités compétentes ».
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L’ancien Premier ministre a défendu la ligne souverainiste adoptée par les autorités de transition, estimant que « le Mali a retrouvé sa souveraineté, son indépendance et sa dignité ». Selon lui, les difficultés sécuritaires actuelles ne remettront pas en cause la trajectoire engagée par le Mali et les pays de l’Alliance des États du Sahel.
Pour rappel, Choguel Kokalla Maïga avait été limogé en novembre 2024 après plusieurs critiques contre les autorités de transition. Il est détenu depuis le 19 août 2025 et poursuivi devant la chambre d’instruction de la Cour suprême du Mali pour « atteinte aux biens publics, faux et usage de faux », à la suite d’un rapport portant sur la gestion de la Primature entre 2021 et 2024.

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