Au Mali, le régime militaire d’Assimi Goïta continue de renforcer son autorité par des méthodes de plus en plus inquiétantes. Depuis plusieurs mois, les enlèvements d’opposants politiques et de figures de la société civile se multiplient. Des cas comme celui d’Alou Badra Sacko, militant arrêté après avoir dénoncé une taxe controversée, ou encore celui d’El Bachir Thiam, disparu depuis mai, illustrent un climat de répression ciblée orchestré en toute impunité.
Les journalistes ne sont pas épargnés. En novembre 2023, une équipe de reporters a été attaquée dans la région de Gao : l’un d’eux a été tué, deux autres enlevés. En avril 2025, le journaliste Alfousseini Togo a été brièvement emprisonné pour avoir critiqué des données officielles. Face à cette pression constante, beaucoup de professionnels des médias se tournent vers l’autocensure, certains choisissent même l’exil.

Dans un pays déjà confronté à l’insécurité, cette dérive autoritaire de Goïta menace gravement les libertés fondamentales. La peur d’être pris pour cible par les services de sécurité ou des groupes armés paralyse l’espace public. Plus que jamais, le silence imposé aux journalistes et aux voix critiques marque un tournant inquiétant pour l’avenir démocratique du Mali.
Par Mohamed KONATE
Lire aussi Mali – Assimi Goïta : le chef de la junte s’installe au pouvoir en trahissant ses engagements
