Le colonel Assimi Goïta, à la tête du Mali depuis le coup d’État d’août 2020, a désormais officialisé sa présidence pour une durée de cinq ans renouvelable, sans passer par les urnes. Une décision qui constitue un reniement total des engagements pris lors de la transition militaire, et un tournant décisif dans la trajectoire politique du pays.
De la promesse de transition à la confiscation du pouvoir
Au lendemain de la chute du président Ibrahim Boubacar Keïta, le colonel Goïta se voulait rassurant. La junte avait promis une transition limitée à 18 mois avec pour objectif un retour rapide à un pouvoir civil. En février 2022, un projet de loi encadrant cette transition stipulait clairement qu’Assimi Goïta ne pourrait pas briguer la future présidence.

Le colonel lui-même multipliait les déclarations allant dans ce sens. En avril 2024, dans une interview relayée par plusieurs médias locaux, il affirmait : « Nous ne sommes pas là pour la politique, ni pour les élections, mais pour la libération du pays. Si je voulais être président, j’aurais obéi à la France et fait le tour du monde. »
Ces paroles résonnent aujourd’hui comme un mensonge.
Un décret présidentiel sans élection
Le 11 juin 2025, un décret présidentiel validé en Conseil des ministres attribue à Assimi Goïta un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable, sans élection ni consultation populaire. Ce décret fait suite à un prétendu « dialogue national » organisé en mai, largement critiqué par les partis politiques pour son absence d’inclusivité et de transparence.

Aucune date d’élection présidentielle n’est annoncée. La junte semble vouloir prolonger son pouvoir indéfiniment, sous couvert de réformes institutionnelles et de stabilité sécuritaire.
La suppression des partis politiques
Autre fait marquant : la dissolution de l’ensemble des partis politiques par décret en avril 2024. Officiellement, cette mesure visait à apaiser un climat social jugé tendu. En réalité, elle a privé le pays de toute structure démocratique légitime. Les figures de l’opposition sont réduites au silence, certaines contraintes à l’exil, d’autres poursuivies pour « trouble à l’ordre public ».
Le paysage politique malien est désormais placé sous contrôle total de l’armée.
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Un pouvoir personnel maquillé en transition
L’installation d’Assimi Goïta à la présidence, sans la moindre légitimité électorale, enterre les espoirs d’une transition pacifique et d’un retour rapide à la démocratie. Le colonel, qui se présentait comme un « libérateur », devient un chef d’État de fait, concentrant tous les leviers du pouvoir entre ses mains.
La scène internationale reste prudente, certains partenaires appelant à « respecter la feuille de route » de la transition, d’autres évitant de condamner ouvertement un allié stratégique dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.
Une rupture avec la parole donnée
Le contraste est saisissant entre les engagements initiaux de transparence, de neutralité politique et de retour aux civils, et la réalité d’un pouvoir personnalisé, autoritaire et verrouillé.
Assimi Goïta, désormais président sans urnes, sans contre-pouvoirs, et sans opposition organisée, brigue et exerce un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable, en contradiction flagrante avec toutes ses déclarations antérieures.
Le Mali n’est plus dans une phase transitoire. Il est entré dans une ère de présidence militaire déguisée, imposée sans consentement populaire.
Par Mohamed KONATE

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