Condamné le 30 janvier par le tribunal correctionnel d’Abidjan-Plateau à trois ans de prison ferme, à une amende de cinq millions de francs CFA et à une interdiction de séjour sur le territoire ivoirien, Gassama avait été reconnu coupable d’« offense au chef de l’État » et de « diffusion de propos outrageants » sur les réseaux sociaux.
Selon le média Lavenir.ci, son avocat, Me Mamadou Ismaïla Konaté, a annoncé sa libération mercredi, précisant qu’elle est intervenue peu après la décision de justice.
Une liberté conditionnelle, pas une grâce présidentielle
Contrairement à certaines informations relayées dans la presse, Mamadou Hawa Gassama n’a pas bénéficié d’une grâce présidentielle. Des sources judiciaires indiquent qu’un décret de liberté conditionnelle, signé par le président Ouattara, a suspendu l’exécution de sa peine.
« Il n’a nullement été gracié », a confié une source judiciaire à Lavenir.ci, soulignant que cette mesure relève des prérogatives du chef de l’État en matière d’aménagement de détention.
Un geste d’apaisement entre Abidjan et Bamako ?
Arrêté en juillet 2025 à Abidjan alors qu’il s’apprêtait à regagner Bamako à l’issue d’un séjour privé, l’ancien élu malien était poursuivi pour des propos particulièrement virulents à l’encontre du chef de l’État ivoirien, dans un contexte de relations diplomatiques déjà tendues entre les deux capitales.
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Pour plusieurs observateurs, cette remise en liberté pourrait contribuer à désamorcer les tensions entre Abidjan et Bamako, même si M. Gassama demeure frappé d’une interdiction de territoire ivoirien pour une durée de trois ans.
À sa sortie de détention, il a été escorté par la police des frontières jusqu’à l’aéroport d’Abidjan, d’où il a pris un vol en direction de Bamako.
