Au cœur de son intervention, le leader politique, Blé Goudé a dévoilé un Plan d’urgence pour la souveraineté alimentaire (Pusa). Constatant une forte dépendance aux importations, notamment pour le poisson dont 80 % proviendrait de l’étranger, il estime que la Côte d’Ivoire possède des ressources naturelles suffisantes — mers, lagunes et rivières — pour inverser cette tendance.
S’inspirant de l’exemple de l’Égypte, premier producteur africain de poisson, il affirme qu’un programme structuré pourrait permettre au pays d’atteindre un niveau similaire. La souveraineté alimentaire, selon lui, doit également couvrir le riz, la viande et l’ensemble des productions stratégiques, générant des emplois tout en rééquilibrant la balance commerciale.
Le président du Cojep a également souligné ses priorités : unité nationale, pouvoir d’achat, éducation, santé, emploi et formation. Des objectifs classiques, mais dont il revendique une mise en œuvre différente, fondée sur « l’applicabilité » et « la dignité » de l’action publique.
Éducation, santé et engagement social : un modèle social-démocrate, selon Blé Goudé
Charles Blé Goudé a insisté sur la nécessité de réformer le système éducatif, en passant d’un modèle diplômant à un modèle qualifiant, mieux adapté aux besoins du marché et de la société. Il propose de développer les filières professionnelles dès le collège et de valoriser les métiers techniques, comme la plomberie ou l’agriculture, avec la création d’un forum annuel pour récompenser les professionnels de ces secteurs.
Sur le plan politique, il se positionne en opposition constructive, privilégiant la proposition à la confrontation. Critiquer, explique-t-il, implique de reconnaître les efforts des adversaires tout en proposant des améliorations au service de l’intérêt national.
En matière de santé, il suggère la création d’un fonds garanti pour les urgences médicales, afin d’améliorer l’espérance de vie, aujourd’hui inférieure à la moyenne africaine.
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Revendiquant son orientation social-démocrate, il affirme que sa réflexion politique s’est consolidée au fil de ses années à l’étranger et des huit années passées en détention. Il appelle les responsables politiques à placer la vie et la stabilité de la nation au-dessus de toute ambition personnelle, citant son engagement aux côtés de Simone Gbagbo.
Enfin, il a répondu aux accusations de trahison dont il fait l’objet. Malgré son absence d’inscription électorale, sa condamnation non amnistiée et ses comptes gelés, il assure avoir toujours privilégié le dialogue et le compromis, rappelant que ses interlocuteurs ont fini par rejoindre ce processus, validant selon lui ses positions.
