En Côte d’Ivoire, la récente désignation d’Adjelou Christian comme président du Conseil national des droits de l’homme (CNDHCI) suscite de vives interrogations sur l’indépendance et la crédibilité de l’institution.
Des acteurs de la société civile et des opposants estiment qu’il existe un écart entre la mission de neutralité du Conseil et le profil politique du nouveau président, relançant le débat sur la capacité de l’organe à mener des enquêtes impartiales sur les violations des droits fondamentaux.
Adjelou Christian est décrit par ses détracteurs comme un proche du pouvoir. Durant la période électorale passée, il avait qualifié certaines personnes arrêtées de « terroristes » et d’« anarchistes », des propos qui ressurgissent aujourd’hui alors qu’il prend la tête d’une institution dédiée à la protection des droits humains. Si certains observateurs reconnaissent son parcours de juriste comme un atout technique, d’autres pointent du doigt les risques de partialité dans l’exercice de ses fonctions.
Antoine Assalé Tiemoko, président de l’ADCI, a exprimé ses réserves : « Avec l’arrivée d’Adjelou Christian, le CNDHCI reste debout. Sa mission et son impartialité, elles, ont pris des vacances. » Il rappelle que l’article 16 de la loi régissant le Conseil impose que son président fasse preuve de probité et d’impartialité, soulevant des questions sur la capacité de l’organe à agir comme véritable contre-pouvoir face aux autorités et aux forces de l’ordre.
Les missions cruciales du CNDHCI en question
La Commission nationale des droits de l’homme de Côte d’Ivoire est un organe consultatif chargé de promouvoir, protéger et défendre les droits fondamentaux. Elle est notamment chargée de mener des actions de concertation, d’évaluer la situation des droits humains et de formuler des recommandations à destination des institutions publiques. Sa crédibilité repose sur sa capacité à agir en toute indépendance.
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Le CNDHCI reçoit plaintes et dénonciations concernant des violations des droits de l’homme et peut effectuer des enquêtes non judiciaires pour établir les faits. Sur la base de ses constats, elle adresse des recommandations et rapports au gouvernement afin de proposer des mesures correctives. La Commission peut également interpeller les autorités ou tout détenteur de pouvoir coercitif lorsqu’elle constate des atteintes aux droits fondamentaux.
Parmi ses prérogatives figurent la possibilité de visiter les établissements pénitentiaires et les lieux de garde à vue, après information du procureur compétent, ainsi que l’examen de toute question relative à la protection des droits humains pour assurer leur respect effectif.

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