Deux militants du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), interpellés à Daloa lors des manifestations contre un éventuel quatrième mandat du président Alassane Ouattara, ont été déclarés non coupables par la Cour d’appel, selon les responsables du parti. Digbeu Aimé Oro et Lia Gnapo avaient été condamnés en première instance à trois ans de prison ferme pour troubles à l’ordre public. Leur relaxe a été prononcée à l’issue d’une audience à laquelle ont assisté les deux détenus ainsi qu’une délégation de militants du PPA-CI.
« Nous nous réjouissons de cette décision », a déclaré Irie Bi Tah Kévin, secrétaire nationale chargée des affaires sociales et des prisonniers politiques du parti, précisant que les deux hommes devraient être libérés le 5 mars prochain. Des militants sont susceptibles de les accueillir à leur sortie de prison.
PPA-CI, des arrestations massives lors des manifestations contre le 4ᵉ mandat
Les arrestations avaient eu lieu dans le cadre de manifestations organisées par une partie de l’opposition contre un quatrième mandat d’Alassane Ouattara, jugé illégal par ses détracteurs. Les autorités avaient alors mis en place des mesures de maintien de l’ordre. Selon le PPA-CI, plus de 1.600 militants et sympathisants ont été interpellés pendant les marches de contestation, certains étant jugés en comparution immédiate devant le tribunal des flagrants délits.
D’après les avocats du parti, 394 personnes ont été reconnues coupables de troubles à l’ordre public et condamnées à trois ans de prison ferme. La direction du PPA-CI, fondée par l’ancien président Laurent Gbagbo, dénonce un caractère politique de ces poursuites. Son président exécutif, Sébastien Dano Djédjé, évoque une répression visant des militants ayant « exprimé pacifiquement leur désaccord ».
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Pour obtenir la libération des personnes encore détenues, le parti a créé la plateforme ILPO, coordonnée par Emmanuek Aka, visant à mener des démarches auprès d’acteurs nationaux, notamment religieux, pour plaider en faveur de la « libération immédiate et sans condition des prisonniers d’opinion ». Les autorités ivoiriennes n’avaient pas encore réagi aux déclarations du parti. Le climat politique reste tendu, marqué par des frictions récurrentes entre pouvoir et opposition sur les questions électorales et institutionnelles.
