Le 23 février 2025, Vincent Toh Bi Irié, ancien préfet d’Abidjan, a publié sur sa page Facebook une analyse critique de la reprise de l’élection législative à Toumodi, tenue le 21 février 2026. Dans une déclaration argumentée, il met en lumière ce qu’il considère comme un paradoxe électoral, appelant à une réflexion technique et politique plus approfondie.
Une mobilisation politique sans précédent à Toumodi
La reprise du scrutin faisait suite à l’annulation du vote du 27 décembre 2025 par le Conseil constitutionnel. À cette occasion, les deux principales formations politiques ivoiriennes, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), ont déployé d’importants moyens.
Selon Vincent Toh Bi Irié, les deux partis ont engagé leurs plus hauts responsables, ainsi que de nombreux ministres déjà élus dans leurs propres circonscriptions. Le PDCI a fait bloc derrière son candidat, tandis que le RHDP a constitué une « union sacrée » autour de sa candidate. Les équipes de campagne auraient quadrillé l’ensemble de la circonscription électorale de Toumodi Commune (021), multipliant meetings, rencontres de proximité et actions de terrain.
Malgré cette démonstration de force et l’intense effervescence médiatique et numérique autour du scrutin, le taux de participation s’est établi à 41,80 %. Sur 31 946 électeurs inscrits, 13 291 ont effectivement pris part au vote pour départager les candidats du RHDP, du PDCI et un indépendant. Ce chiffre marque une progression de plus de 11 points par rapport au scrutin initial du 27 décembre 2025, qui affichait un taux de 30,62 %, mais demeure en deçà de la majorité absolue des inscrits.
Des taux record ailleurs qui interrogent
Au-delà du cas spécifique de Toumodi, l’ancien préfet élargit son propos à l’ensemble des législatives de décembre 2025. Il s’interroge notamment sur certaines circonscriptions où des candidats — parfois uniques — ont enregistré des taux de participation supérieurs à 90 %, frôlant parfois les 100 %.
Comment expliquer, questionne-t-il, qu’une mobilisation concentrée des états-majors du RHDP et du PDCI dans une seule circonscription ne parvienne pas à faire voter la moitié des inscrits, alors que, dans d’autres localités, un seul candidat aurait réussi à mobiliser presque tous les électeurs ?
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À travers une série de questions rhétoriques, Vincent Toh Bi Irié évoque la rareté statistique d’une participation quasi totale : absence de décès, de maladie, d’empêchement, de déplacement ou d’abstention volontaire. Pour lui, ces écarts méritent une analyse technique rigoureuse et un débat politique serein.
Il annonce d’ailleurs qu’il reviendra ultérieurement sur les « leçons techniques et politiques » du scrutin du 21 février 2026 à Toumodi, relançant ainsi la discussion sur la participation électorale et la crédibilité des chiffres dans certaines circonscriptions ivoiriennes.
