En Côte d’Ivoire, la disparition en détention de deux jeunes militants du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) provoque une forte indignation au sein de la formation de Laurent Gbagbo. Selon des sources proches du parti, Monnet Maruis et Gnan Guélablé, arrêtés lors des manifestations liées à la contestation d’un éventuel quatrième mandat du président Alassane Ouattara, sont décédés en prison alors qu’ils attendaient leur jugement pour « trouble à l’ordre public ». Leur décès serait survenu à une semaine d’intervalle, le second après le premier.
Dans un communiqué rendu public vendredi, la Ligue des jeunes du PPA-CI dit avoir appris ces décès « avec consternation », évoquant également un troisième détenu dans un état de santé critique. L’organisation parle de « situations graves, inacceptables et profondément choquantes », et avance la piste de « cas présumés d’intoxication alimentaire », tout en dénonçant des conditions de détention jugées préoccupantes et un manque de prise en charge médicale.
PPA-CI : des accusations de mauvaises conditions carcérales et des appels à enquête
La Ligue des jeunes du PPA-CI pointe du doigt des « conditions de détention inhumaines », un suivi sanitaire insuffisant et l’absence de réaction des autorités face à cette situation. Elle rappelle que les personnes concernées seraient des « détenus d’opinion », arrêtés dans un contexte politique tendu, et estime que leur situation soulève des questions sur le respect des libertés fondamentales.
Lire aussi : Mali : la junte fragilisée par une offensive armée d’ampleur
Face à ces décès, le mouvement exige l’ouverture d’autopsies indépendantes afin de déterminer les causes exactes, ainsi qu’une prise en charge médicale urgente pour les autres détenus malades. Selon des déclarations internes du parti, plusieurs autres personnes incarcérées seraient également dans un état critique. Pour l’heure, ni les autorités judiciaires ni l’administration pénitentiaire ne se sont officiellement exprimées sur ces faits.
