La Haute Cour militaire a suivi les réquisitions du ministère public en prononçant, mardi 30 septembre, la peine capitale contre l’ancien président congolais Joseph Kabila, exilé à l’étranger. Il est accusé de trahison et de crimes de guerre en lien avec la rébellion de l’AFC-M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Un procès inédit au sommet de l’État
Jugement exceptionnel : la RDC a traduit en justice l’un de ses anciens chefs d’État. Ce procès, qui aurait pu faire date, concerne la présumée complicité de Joseph Kabila avec le groupe armé Alliance Fleuve Congo – Mouvement du 23 mars (AFC-M23).
Cependant, la procédure a été entachée par l’absence de l’accusé, actuellement en exil, et par une défense quasi inexistante. L’instruction, menée à la hâte, a donné lieu à une audience expéditive, laissant planer un sentiment d’inachevé.
Des accusations lourdes et multiples
Mardi 30 septembre, la Haute Cour militaire a rendu son verdict : peine de mort pour Joseph Kabila, président de la RDC de 2001 à 2019. Les chefs d’accusation sont nombreux :
- Trahison
- Participation à un mouvement insurrectionnel
- Crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité
- Homicides volontaires par balles
- Viol
- Torture
- Déportation
- Occupation forcée d’une partie de l’est du pays, tombée cette année aux mains de l’AFC-M23.
Ces réquisitions ont été portées par le lieutenant général Jean-René Likulia Bakulia, représentant du ministère public.
L’ombre de l’ancien président sur la rébellion
Au cœur du dossier : l’influence supposée de Joseph Kabila sur la rébellion. Les autorités congolaises le soupçonnent d’être le véritable instigateur du mouvement armé, réapparu en novembre 2021 après dix années de sommeil.
Selon Kinshasa, l’ancien chef de l’État porterait une responsabilité directe dans les crimes de guerre — et potentiellement contre l’humanité — commis par les insurgés, documentés par plusieurs organisations de défense des droits humains.
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Un verdict aux répercussions politiques majeures
Ce jugement, au-delà de sa portée judiciaire, pourrait avoir d’importantes conséquences politiques. Condamner un ancien président à mort est un acte rare et symboliquement lourd, qui risque de raviver les tensions internes et d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation sécuritaire et judiciaire en RDC.
