À Doha, Cet engagement n’avait cependant pas permis de stopper les combats, même si la ligne de front demeurait relativement stable depuis le mois de mars.
Une nouvelle feuille de route signée au Qatar
Le samedi 15 novembre, la RDC et le mouvement armé M23, soutenu par le Rwanda, ont signé à Doha une feuille de route préalable à un accord de paix dans l’est du pays. Cette initiative s’inscrit dans un processus de médiation conduit depuis plusieurs mois par le Qatar, les États-Unis et l’Union africaine, visant à mettre fin au conflit dans une zone riche en ressources naturelles. Le M23 y a notamment pris le contrôle de Goma en janvier, puis de Bukavu en février.
Le « Cadre de Doha » : un texte non contraignant
Le nouvel accord, intitulé « Cadre de Doha pour un accord de paix global », a été officialisé lors d’une cérémonie réunissant des représentants des deux camps ainsi que des médiateurs qataris et américains. Selon Benjamin Mbonimpa, membre de la délégation du M23, ce texte ne comporte « aucune clause contraignante » et ne devrait pas modifier immédiatement « la situation sur le terrain ».
Il comprend huit chapitres portant sur les « causes profondes du conflit », qui seront négociés avant d’aboutir à un accord définitif.

Washington souligne l’importance de la mise en œuvre
Massad Boulos, conseiller spécial du président américain Donald Trump pour l’Afrique, a déclaré que la mise en œuvre constituait « l’aspect le plus important » du processus. Il a évoqué la création de mécanismes destinés à suivre l’application de l’accord et souligné que huit points prioritaires avaient été discutés et approuvés par les deux parties. Il estime la signature comme une avancée majeure, tout en rappelant qu’il s’agit du « point de départ » d’un long processus.
Kinshasa et Kigali campent sur leurs positions
La RDC réclame toujours le retrait des troupes rwandaises présentes sur son territoire. Le Rwanda, de son côté, conditionne l’abandon de ses « mesures défensives » à l’élimination des FDLR, un groupe armé qu’il considère comme une « menace existentielle ».
Le M23, pour sa part, nie tout lien avec Kigali et affirme vouloir renverser le président congolais Félix Tshisekedi, tout en conservant les territoires qu’il occupe.
Un accord de paix déjà en difficulté
Fin juin, un accord de paix avait été signé à Washington entre la RDC et le Rwanda. Mais début novembre, les deux pays ont reconnu l’absence de progrès significatifs et ont promis de « redoubler d’efforts » pour avancer dans sa mise en œuvre.
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Les combats se poursuivent dans l’Est
Ces derniers jours, les affrontements ont repris entre les forces armées congolaises, soutenues par des milices locales, et le M23. Les combats se concentrent notamment dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, ainsi que dans les hauts plateaux du Sud-Kivu. Les deux camps s’accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu conclu en juillet.
Doha appelle à poursuivre les efforts
Le responsable qatarien Mohammed Al-Khulaifi, chef des négociations, a qualifié l’accord de samedi d’« historique ». Il a assuré que les médiateurs continueraient leurs efforts pour favoriser une paix durable sur le terrain.
