La crise liée à l’enlèvement du stock de cacao en Côte d’Ivoire met en lumière de profondes dissensions entre le Conseil Café-Cacao (CCC) et l’Organisation Interprofessionnelle Agricole Café-Cacao (OIA-CC). Deux institutions censées œuvrer de concert pour soutenir les producteurs se retrouvent aujourd’hui au centre d’une controverse qui fragilise davantage les coopératives et les planteurs.
À l’origine des tensions : la répartition d’un stock inventorié estimé à 123 000 tonnes. D’après plusieurs sources concordantes, la distribution aurait été effectuée entre différents responsables sans consultation préalable des producteurs ni des coopératives.
Selon ces mêmes sources, 30 000 tonnes auraient été attribuées à la direction générale du CCC, 40 000 tonnes à l’OIA-CC, tandis que le reliquat aurait été réparti entre d’autres opérateurs impliqués dans le dossier.
Cacao : Blocages, accusations et intervention de la Primature
La situation se complique lorsque le volume alloué à l’OIA-CC rencontre des obstacles administratifs : seules 12 000 tonnes auraient été validées. Les coopératives désignées pour émettre les connaissances voient leurs dossiers rejetés, provoquant un nouveau blocage dans la chaîne d’enlèvement et accentuant la crise sur le terrain.
Face à la montée des tensions, le président de l’OIA-CC, Diakité Siaka, convoque une réunion avec plusieurs membres du gouvernement, dont le directeur général du CCC, Yves Koné. À l’issue des échanges, un compromis semble émerger, assorti de l’annonce d’une conférence de presse destinée à officialiser la reprise des validations portant sur environ 16 000 tonnes en attente.
Prévue le 2 mars à 11 heures en présence de la presse nationale et internationale, ainsi que des producteurs et coopératives, la conférence accuse finalement deux heures de retard en raison de divergences persistantes. Seule l’OIA-CC tiendra un bref point de presse, sans annonce majeure.
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Entre-temps, les accusations fusent. Des sources proches du dossier indiquent que le CCC reprocherait à l’OIA-CC une gestion contestée de son quota, l’accusant même d’avoir dépassé de 5 000 tonnes le volume initialement attribué, portant le total à 45 000 tonnes. Des allégations formellement rejetées par Diakité Siaka.
Les coopératives, découvrant les modalités de la répartition, expriment leur indignation et réclament des explications aux structures censées défendre leurs intérêts.
Aux dernières informations, la Primature s’est saisie du dossier afin de tenter de désamorcer la crise. En attendant, les opérations de déchargement marquent un nouvel arrêt et la campagne intermédiaire, attendue lundi, demeure dans une incertitude préoccupante.
Le cacao reste à quai. Les producteurs, eux, attendent toujours.
