Au lendemain du limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature du Sénégal, plusieurs responsables nommés à la tête de structures publiques ont annoncé leur départ ce samedi.
Les premières démissions enregistrées concernent le Musée des Civilisations noires, la SONACOS et l’Agence de Développement Local. Une série de départs qui intervient dans un climat politique tendu, marqué par le décret du 22 mai, lequel a ravivé les fractures autour de l’ancien Premier ministre et relancé le débat sur son siège de député.
Mouhamed Abdallah Ly a officialisé sa démission sur les réseaux sociaux. Le désormais ex-directeur général du Musée des Civilisations noires a indiqué quitter ses fonctions, remerciant Dieu de lui avoir permis de servir le pays à ce niveau de responsabilité. Aucun motif précis n’a été avancé dans son message, une information également relayée par plusieurs médias.
Quelques heures plus tard, Elhadj Ndane Diagne a lui aussi annoncé avoir remis sa lettre de démission. Le directeur général de la SONACOS s’est exprimé à travers un bref message publié en ligne. Dans le même élan, Khadija Mahecor Diouf a fait savoir qu’elle quittait la présidence du Conseil de surveillance de l’Agence de Développement Local, selon une déclaration rendue publique.
Au Sénégal, une crise politique qui dépasse le cadre gouvernemental
Dans son texte, Khadija Mahecor Diouf explique agir par « cohérence, engagement et loyauté ». Elle y réaffirme son soutien à Ousmane Sonko, qu’elle présente comme un homme resté fidèle, selon elle, aux intérêts, à l’honneur et à la souveraineté du Sénégal. « Les fonctions passent, mais les convictions demeurent », écrit-elle notamment.
Ces prises de position confèrent une dimension politique à des départs qui dépassent désormais le simple cadre administratif. L’éviction d’Ousmane Sonko semble en effet raviver les tensions institutionnelles autour de son avenir politique et parlementaire.
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Le décret du 22 mai 2026 a officiellement mis fin aux fonctions d’Ousmane Sonko en tant que Premier ministre, ainsi qu’à celles des ministres et secrétaires d’État de son gouvernement. Quelques heures avant cette décision, l’intéressé avait déclaré à l’Assemblée nationale qu’il n’était pas « un Premier ministre qui obéit aveuglément et qui acquiesce à tout ».
En toile de fond, l’article 54 révisé de la Constitution alimente les interprétations sur les conséquences institutionnelles de son départ, notamment concernant son siège de député.
Selon plusieurs sources proches de l’ancien chef du gouvernement, d’autres responsables considérés comme fidèles à Ousmane Sonko pourraient encore annoncer leur départ dans les prochaines heures ou les prochains jours. Si cette dynamique se confirme, elle traduirait l’élargissement d’une crise politique dont les répercussions se font déjà sentir aussi bien au sein de l’appareil d’État qu’au Parlement.
