Spécialiste en plaidoyer et communication, Yasmine Diawara est une passionnée de vélo qui a choisi d’en faire bien plus qu’un loisir : un outil d’engagement social. Depuis 2019, elle multiplie les voyages à vélo à travers l’Afrique de l’Ouest pour porter des messages liés à la jeunesse, à l’éducation et au développement des infrastructures.
Elle raconte avoir commencé à pédaler dès l’enfance, avant de reprendre sérieusement cette pratique à l’âge adulte. Ce retour au vélo s’est transformé en une véritable aventure de vie, marquée par des trajets de plus en plus ambitieux, allant de la Côte d’Ivoire au Ghana, au Togo, au Bénin, jusqu’au Nigeria, en passant aussi par la Guinée, la Gambie et le Sénégal.
Le vélo comme outil d’engagement social et personnel
Pour Yasmine Diawara, le vélo est avant tout un moyen d’action. Plus qu’une activité sportive, il devient un langage pour sensibiliser et inspirer. Elle explique être une personne tournée vers l’action, attachée aux changements concrets plutôt qu’aux discours.
Ses voyages à vélo lui permettent de mettre en lumière des causes sociales, notamment l’éducation des filles et la nécessité d’investir dans des infrastructures adaptées aux jeunes. Elle revendique une démarche militante : montrer que les jeunes Africains peuvent innover, agir et transformer leur environnement.
Sur la route, elle parcourt parfois de très longues distances, jusqu’à 130 kilomètres en une journée, avec des étapes pouvant durer entre 5 et 8 heures de pédalage. Certaines aventures se font seule, d’autres en compagnie d’amis ou de proches, dont sa mère, qu’elle surnomme affectueusement “la Flèche”, chargée de l’organisation logistique en amont.
Malgré les défis, notamment l’absence de pistes cyclables et la dangerosité de certaines routes, elle insiste sur la solidarité rencontrée. De nombreux habitants l’ont hébergée spontanément, en Côte d’Ivoire comme dans d’autres pays, renforçant son sentiment d’une hospitalité africaine forte et transfrontalière.
Elle affirme également ne pas s’être sentie en insécurité lors de ses voyages : “On a un mauvais narratif sur certains pays. En réalité, les populations sont très accueillantes.”
Un plaidoyer pour une Afrique cyclable et la mobilité verte
Au-delà de l’aventure personnelle, Yasmine Diawara porte un message politique et social clair : l’Afrique doit investir dans la mobilité douce et les infrastructures cyclables. Selon elle, le manque de pistes sécurisées constitue un frein majeur au développement du vélo comme moyen de transport et comme activité économique.
Elle milite pour ce qu’elle appelle une “Afrique cyclable”, capable de favoriser les emplois verts, notamment dans la livraison à vélo, un secteur qu’elle connaît personnellement pour y avoir travaillé. Pour elle, il s’agit d’un métier digne, mais encore trop risqué en raison de l’insécurité routière.
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Son engagement s’inscrit aussi dans une vision plus large du continent : une Afrique jeune, dynamique, capable de valoriser ses talents. Elle estime que le développement des infrastructures pourrait changer les mentalités et offrir davantage d’opportunités, tout en réduisant le désir de migration des jeunes vers d’autres continents.
Financée en partie par des organisations, elle cherche aujourd’hui davantage de soutien pour poursuivre ses projets, encore peu compris selon elle. Elle souhaite inspirer particulièrement les jeunes filles : “Tout est possible si l’on passe à l’action et si l’on croit en ses capacités.”
Enfin, elle évoque déjà de nouveaux horizons, dont un projet ambitieux : faire un tour du monde à vélo. Mais pour l’heure, sa priorité reste claire : promouvoir une Afrique où la mobilité verte devient une réalité accessible et sécurisée pour tous.
