Un constat clair au coup d’envoi
Au moment où l’arbitre donne le coup d’envoi, les images parlent d’elles-mêmes. Le stade Adrar, pourtant moderne et d’une grande capacité, apparaît largement vide. Pour une affiche impliquant l’Égypte, équipe la plus titrée de l’histoire de la CAN et dotée de joueurs mondialement connus, la situation surprend. Les gradins clairsemés contrastent fortement avec l’importance de l’événement et avec les standards attendus d’une phase finale continentale.
Cette faible affluence initiale devient rapidement un problème d’image pour les organisateurs, alors que la rencontre est retransmise dans plusieurs pays africains et au-delà.
L’ouverture des portes comme réponse immédiate
Face à ce scénario, les organisateurs prennent une décision pragmatique. Les contrôles de billets sont levés et l’accès au stade est rendu gratuit afin d’encourager l’entrée du public déjà présent aux abords de l’enceinte. L’objectif est double : remplir visuellement les tribunes et créer une ambiance plus conforme à un match de CAN.
En quelques minutes, le stade se remplit progressivement. À mesure que les supporters prennent place, l’atmosphère change, les chants apparaissent et le contraste avec le début de match devient frappant. La mesure atteint donc son but immédiat, sans toutefois masquer le malaise initial.
Une faible affluence qui dépasse ce seul match
L’épisode Égypte–Zimbabwe ne constitue pas un cas isolé. Depuis le lancement de la CAN 2025, plusieurs rencontres de phase de groupes ont souffert d’un manque de public, notamment celles disputées en semaine ou à des horaires peu favorables. Le prix des billets, la programmation des matchs et l’absence de l’équipe hôte sur certaines affiches expliquent en partie cette situation.

Contrairement à d’autres pays organisateurs, où la CAN suscite un engouement populaire massif dès les premiers jours, la dynamique tarde à s’installer pleinement dans certaines villes marocaines.
Une décision révélatrice d’un problème structurel
Si l’entrée gratuite a permis d’éviter l’image d’un stade désert, elle soulève des interrogations plus profondes. Elle met en évidence une difficulté à remplir les stades sans mesures exceptionnelles et pose la question de l’équité envers les supporters ayant acheté leur billet. Elle interroge aussi la stratégie globale de billetterie et de mobilisation du public local.
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Pour les organisateurs, cette décision apparaît moins comme un choix stratégique que comme une réponse d’urgence à une situation devenue embarrassante.
Un enjeu majeur pour la suite de la compétition
Sur le plan sportif, la CAN 2025 se déroule sans accroc majeur. Mais dans les tribunes, le défi est réel. L’ouverture gratuite des portes lors du match Égypte–Zimbabwe agit comme un révélateur : au-delà des infrastructures et de l’organisation, le succès d’une CAN se mesure aussi à la capacité à faire vibrer les stades.
Pour éviter que ce type de situation ne se répète, les organisateurs devront ajuster leur approche, sous peine de voir la question de l’affluence s’imposer comme l’un des points faibles de cette édition marocaine.
Avec Europe24.fr
