Les producteurs rassurés
Salame Koné, cultivateur près de Soubré, indique que sa région a reçu 36,5 mm de pluie la semaine dernière, soit 28,4 mm de plus que la moyenne des cinq dernières années. « Nous aurons suffisamment de cacao dans les mois à venir. C’est une saison extraordinaire, avec des pluies abondantes à cette période », déclare-t-il à Reuters. Les petites et moyennes cabosses se développent bien et seront récoltées en février et mars, à la fin de la campagne principale qui a débuté en octobre.
Des précipitations supérieures à la normale dans tout le pays
Des observations similaires ont été faites dans le sud, notamment à Divo et Agboville, ainsi que dans l’est, à Abengourou. Les récoltes se poursuivent et la disponibilité de fèves reste élevée, permettant aux producteurs de livrer leurs stocks sans interruption. Le centre-ouest et le centre, notamment Daloa, Bongouanou et Yamoussoukro, ont également bénéficié de pluies abondantes.
Arthur Konan, exploitant près de Yamoussoukro, se montre confiant face à l’Harmattan, le vent sec du Sahara qui souffle habituellement entre décembre et mars et peut endommager les cabosses. « Même si l’Harmattan est fort cette année, les arbres y résisteront bien », affirme-t-il. Les pluies récentes ont renforcé la résilience des plantations et emmagasiné suffisamment d’humidité pour soutenir les cacaoyers pendant la période sèche.

Une reprise attendue après une campagne difficile
La Côte d’Ivoire, qui fournit environ 40 % de la production mondiale de cacao, a traversé une campagne 2023-2024 difficile, avec une production tombée à 1,75 million de tonnes contre 2,3 millions l’année précédente, soit une baisse de 24 %. Cette chute était due à des pluies excessives en septembre et octobre 2024 favorisant la pourriture brune, suivies de sécheresses ayant asséché les plantations.
Pour la campagne 2024-2025, la production est estimée à 2,2 millions de tonnes, soit une hausse de 25 %. L’Organisation internationale du cacao a révisé ses prévisions, prévoyant désormais un excédent mondial de 49 000 tonnes métriques, contre 142 000 tonnes estimées auparavant.
Lire aussi : Législatives 2025 : quand le Parlement ivoirien devient spectateur
Des prix en baisse après des records historiques
En 2024, le cacao avait atteint des prix historiques : plus de 4 000 dollars la tonne à New York en novembre, un niveau jamais vu depuis 45 ans, et 3 478 livres sterling à Londres. Ces records résultaient des pénuries liées aux mauvaises récoltes en Côte d’Ivoire et au Ghana. Depuis, les prix ont chuté : le 19 décembre 2025, la tonne se négociait à 5 845 dollars, en baisse de 50,75 % sur un an.
