Les origines de l’attaque en question
Au centre des débats figure la question du déclenchement de l’attaque de Kafolo. À l’audience, le président de la cour évoque l’opération Comoé, menée en mai 2020, qui avait conduit au démantèlement de plusieurs bases jihadistes dans la zone frontalière. L’attaque survenue un mois plus tard est présentée comme une possible opération de représailles. Toutefois, les déclarations des accusés restent floues et parfois contradictoires, certains revenant sur leurs précédents aveux.
Des liens jihadistes difficiles à établir
Les audiences peinent également à clarifier les relations entre les accusés et les groupes jihadistes sahéliens. Le nom de Dramane Sidibé, alias Hamza, est régulièrement cité. Ce ressortissant burkinabè est présenté par l’accusation comme un membre de la katiba Macina, affiliée au Jnim, et comme l’initiateur des cellules à l’origine de l’attaque. Les accusés interrogés affirment cependant ne pas le connaître.

La question des complicités
Autre enjeu majeur du procès de Kafolo : les soupçons de complicités locales. Certains accusés sont poursuivis pour avoir apporté un soutien logistique ou financier aux assaillants, ou pour les avoir informés des opérations de ratissage menées par les forces de sécurité. Pour la défense, ces accusations demeurent fragiles à ce stade. « Il s’agit surtout de personnes soupçonnées d’avoir eu des contacts, parfois indirects, avec des milieux jihadistes », souligne Me Mohamed Lamine Koné, avocat de la défense.
Ali Sidibé, figure centrale du dossier
Parmi les prévenus figure Ali Sidibé, dit Sofiane, présenté comme l’un des coordonnateurs de l’attaque de Kafolo. Se décrivant comme un éleveur peul, il occupe une place centrale dans les débats. Selon le dossier d’instruction, son parc à bétail, situé côté burkinabè, aurait servi de point de ravitaillement aux assaillants. À la barre, il reconnaît avoir participé à l’attaque du 10 juin 2020, sans en livrer les détails, et se revendique jihadiste.
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Une fuite encore inexpliquée
La cour s’interroge également sur les conditions de sa cavale. Ali Sidibé aurait échappé aux forces ivoiriennes durant plusieurs jours après l’attaque. S’il reste évasif face aux juges, l’instruction fait état de plusieurs déplacements transfrontaliers nocturnes, sans que leur organisation ne soit clairement établie à l’audience.
Un procès aux enjeux régionaux
L’un des principaux objectifs de ce procès sera d’identifier les réseaux de soutien, les circuits de financement et les liens entre les assaillants de Kafolo et les groupes jihadistes actifs dans la région sahélienne. Les accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
La reprise des audiences est prévue le 5 janvier 2026.
Avec Europe24.fr
