Deux faits majeurs au cœur de ses préoccupations
Simone Ehivet Gbagbo a indiqué être particulièrement préoccupée par deux événements :
- le retrait du nom de l’ancien président Laurent Gbagbo de la liste électorale,
- l’annonce par le président Alassane Dramane Ouattara de sa candidature à l’élection présidentielle, malgré son engagement antérieur de ne pas briguer un troisième mandat.
Une exclusion électorale jugée injuste et politique
Selon l’ancienne Première dame, les arguments juridiques avancés pour justifier la radiation de Laurent Gbagbo de la liste électorale sont « très discutables ». Elle estime que la condamnation ayant conduit à cette situation relève davantage d’un procès politique que d’une décision de justice impartiale, qualifiant cette exclusion d’« injuste » et « non honorable ».
Un appel à l’amnistie au nom de la paix nationale
Rappelant qu’en 2010 Laurent Gbagbo avait permis, par une ordonnance spéciale, la candidature d’Alassane Ouattara afin de préserver la paix et l’unité nationale, Simone Ehivet Gbagbo appelle aujourd’hui le chef de l’État à poser un geste similaire. Elle lui demande de prendre un décret d’amnistie afin de rendre Laurent Gbagbo éligible, indépendamment de sa participation ou non au scrutin.
Passeport diplomatique, prisonniers et exilés : des mesures urgentes selon elle
Dans le même esprit de réconciliation, elle exhorte le président Ouattara à délivrer un passeport diplomatique à Laurent Gbagbo, à libérer les prisonniers civils et militaires liés à la crise post-électorale, et à faciliter le retour sécurisé des exilés. Elle estime qu’il n’est pas nécessaire d’attendre une date symbolique pour engager ces actions en faveur de la paix.
Une candidature présidentielle contestée
Revenant sur le message à la Nation du 6 août 2020, Simone Ehivet Gbagbo critique la décision du président Ouattara de se porter candidat, justifiée selon lui par l’impossibilité de trouver un successeur au sein du RHDP après le décès d’Amadou Gon Coulibaly. Elle juge injuste que cette situation interne au parti au pouvoir engage l’ensemble de la nation.
La nécessité d’un report du scrutin et de réformes électorales
Elle rappelle que l’opposition appelle depuis plusieurs mois à un report des élections afin de régler les contentieux électoraux. Un délai qui permettrait, selon elle, de réformer la Commission électorale indépendante (CEI), d’auditer la liste électorale, de revoir le découpage électoral et de réexaminer le code électoral, notamment les dispositions prises par ordonnance présidentielle.
Une candidature jugée anticonstitutionnelle
Simone Ehivet Gbagbo affirme que la candidature d’Alassane Ouattara viole la Constitution, tant dans sa lettre que dans son esprit. Elle s’appuie sur des déclarations antérieures de proches collaborateurs du chef de l’État, dont le ministre de la Justice Sansan Kambilé et le conseiller spécial Cissé Bacongo, qui avaient publiquement exclu la possibilité d’un troisième mandat.
Des déclarations passées rappelées à l’opinion
Elle cite notamment des interventions de 2016 et 2019 dans lesquelles ces responsables expliquaient que la Constitution en vigueur interdisait clairement au président Ouattara de se représenter. Pour elle, ces prises de position rendent la candidature actuelle irrecevable.
Respect de la parole donnée et compréhension du mécontentement populaire
Estimant qu’un chef d’État ne peut se dédire devant son peuple, Simone Ehivet Gbagbo insiste sur l’importance du respect des engagements en politique. Elle dit comprendre la colère, la frustration et le mécontentement observés dans plusieurs villes du pays, notamment chez les jeunes.
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Un appel à la responsabilité collective et à la paix
Malgré les tensions, elle se veut rassurante et affirme que « rien n’est encore perdu ». Elle appelle l’ensemble des acteurs politiques, religieux et sociaux à œuvrer ensemble pour préserver la paix, éviter le chaos et bâtir une Côte d’Ivoire forte, juste, apaisée et réconciliée.
Une conclusion placée sous le signe de l’espérance
Concluant son intervention, Simone Ehivet Gbagbo a lancé un appel à la conscience citoyenne et à la responsabilité de tous, affirmant qu’il est encore possible de conduire le pays vers un avenir de paix et de solutions consensuelles, dans le respect des lois et de la dignité nationale.
Par Mohamed KONATE avec Europe24.fr
