Lors d’un protocole de presse organisé à l’occasion du premier anniversaire de la proclamation de la Révolution populaire progressiste (RPP), le capitaine Ibrahim Traoré a précisé sa position sur le traitement judiciaire des anciens chefs d’État.
Revenant sur les cas de Roch Marc Christian Kaboré et du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, le chef de la transition burkinabè a adopté un ton direct, revendiquant une approche fondée sur le respect de la fonction présidentielle, sans exclure la fermeté en cas de menace à la sécurité nationale.
Il a affirmé n’avoir jamais souhaité « s’acharner » sur un ancien président, rappelant que toute personne ayant exercé les plus hautes responsabilités mérite une forme de considération institutionnelle. Selon lui, cette ligne de conduite l’a conduit à ne pas engager systématiquement de poursuites pour des faits de corruption ou d’anciens contentieux politiques. Toutefois, il a reconnu que cette posture de retenue connaît des limites lorsque la stabilité de l’État est en jeu, évoquant une « spirale » de menaces persistantes contre le pays.
Le dossier Damiba au cœur des accusations de déstabilisation et de menaces sécuritaires
S’agissant du cas de Paul-Henri Sandaogo Damiba, ancien président de transition renversé en septembre 2022, le capitaine Traoré a confirmé la poursuite de procédures judiciaires après son extradition depuis le Togo. Il est notamment poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’État et tentative de déstabilisation. Le chef de la transition affirme que ces décisions reposent sur des éléments jugés « accablants », évoquant des tentatives répétées de déstabilisation et des projets d’actions violentes visant à semer le chaos.
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Selon ses déclarations, certaines opérations présumées impliqueraient des réseaux cherchant à mobiliser des groupes armés afin d’entraver l’action des forces de défense et de sécurité. Il a également évoqué des ramifications internationales du dossier, laissant entendre l’existence de complicités extérieures sans citer de pays ou d’acteurs précis. L’enquête en cours, qualifiée de « complexe », se poursuit devant les juridictions burkinabè, tandis que le pouvoir affirme vouloir conjuguer prudence institutionnelle et réponse ferme face aux menaces jugées graves pour la sécurité nationale.

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