Des loyers qui flambent, un confort qui stagne
La cherté de la vie n’est pas une formule creuse. Elle se lit dans le panier de la ménagère, se ressent dans le ticket de transport, mais s’impose surtout sur le quittancier du propriétaire. En une décennie, les loyers ont parfois doublé, voire triplé, sans amélioration notable des conditions de logement.
Eau irrégulière, électricité capricieuse, routes dégradées : le confort ne suit pas la facture. Pourtant, à Abidjan, se loger décemment absorbe désormais plus de 40 % du revenu mensuel d’un travailleur moyen. Une aberration économique. Une bombe sociale à retardement.
Un marché dérégulé face à une urgence sociale
Malgré cette pression, le marché locatif demeure largement dérégulé. Le locataire subit, le propriétaire impose, l’État observe. Les programmes de logements sociaux, bien que nécessaires, peinent à répondre à la demande réelle : insuffisants, lents, parfois inaccessibles aux plus modestes.
Conséquence directe : l’étalement urbain s’accélère, les quartiers se densifient, les arnaques prolifèrent et la précarité s’installe durablement.
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La question du loyer n’est plus seulement économique : elle est devenue politique et sociale, donc urgente. Sans encadrement rigoureux, sans politique foncière audacieuse, la cherté de la vie continue d’exclure, en silence, des milliers d’Ivoiriens de la ville qu’ils contribuent pourtant à faire vivre.
