Une convocation suivie d’une mesure jugée irrégulière par la défense
Convoqué par les services de police, le député Bredoumy s’est présenté dans la matinée pour être entendu dans le cadre d’une procédure ouverte à son encontre. À l’issue de cette audition, les autorités ont décidé de le placer en garde à vue, une mesure que ses avocats considèrent comme contraire aux textes. Me Jean-Chrysostome Blessy explique qu’aucune situation de flagrant délit n’a été constatée, ce qui rend, selon lui, toute privation de liberté illégale sans une levée préalable de l’immunité par l’Assemblée nationale.
Des accusations nombreuses et graves, présentées par l’avocat du député
La défense confirme que Bredoumy Soumaïla est poursuivi pour des faits particulièrement sérieux, allant d’actes terroristes à l’incitation à l’insurrection, en passant par l’atteinte à la sûreté de l’État et des accusations d’incendie volontaire. Me Blessy estime que l’ensemble des charges représente une mise en cause d’une ampleur exceptionnelle. Il rappelle cependant que, quelles que soient les opinions sur la personnalité du député, celui-ci demeure protégé par les règles constitutionnelles qui encadrent strictement toute procédure judiciaire le visant.

L’immunité parlementaire au centre des interrogations
La législation ivoirienne fixe des délais précis en matière de garde à vue et impose des conditions strictes lorsqu’il s’agit d’un parlementaire. La défense affirme avoir proposé que le député regagne son domicile tout en restant à la disposition de la justice, le temps que les procédures nécessaires soient engagées. Elle appelle les autorités à appliquer la loi avec rigueur afin de préserver les droits fondamentaux et la crédibilité de l’action judiciaire. Pour Me Blessy, la protection des libertés passe par le respect scrupuleux des textes, quel que soit le contexte politique ou médiatique.
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Une affaire suivie de près sur la scène politique
Cette convocation intervient à peine 48 heures après le retour du député en Côte d’Ivoire, comme annoncé par le PDCI-RDA dans un communiqué. Le parti rappelle également qu’une première convocation, en avril dernier, avait été suspendue grâce à l’intervention du président de l’Assemblée nationale et du ministre de l’Intérieur, tout en soulignant que les élus restent tenus de répondre aux appels des autorités dans le cadre légal. L’affaire suscite une attention particulière dans les milieux politiques et juridiques, en raison de la nature des poursuites et des questions qu’elle pose sur le respect de l’immunité parlementaire.
