Quatre ans après le renversement d’Alpha Condé, la Guinée vit toujours sous la férule du général Mamadi Doumbouya. Porté au pouvoir par un coup d’État militaire en septembre 2021, l’ancien chef des forces spéciales avait promis une transition apaisée, un retour rapide à l’ordre constitutionnel et la refondation de l’État. Aujourd’hui, ces promesses semblent bien loin de la réalité que vivent les Guinéens.

Le climat politique s’est considérablement durci. Les disparitions d’opposants, les arrestations arbitraires et l’interdiction de toute manifestation publique sont devenues monnaie courante. Les principaux leaders politiques, autrefois actifs et visibles, sont aujourd’hui réduits au silence, emprisonnés ou contraints à l’exil. Le simple fait de critiquer le pouvoir peut suffire à valoir une convocation musclée, voire pire.
La liberté de la presse, quant à elle, est en chute libre. Plusieurs médias indépendants ont été suspendus, leurs journalistes intimidés ou contraints à la clandestinité. L’accès à certains sites d’information est régulièrement restreint, et les réseaux sociaux subissent des coupures à chaque annonce de mobilisation populaire.
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Pourtant, malgré cette dérive autoritaire, le général Doumbouya conserve le soutien d’une partie de la population. Ses partisans saluent son image d’homme fort, déterminé à “nettoyer” le système politique corrompu, et soulignent certains projets d’infrastructure ou de réforme de l’armée. Mais cet engouement, largement relayé par une communication officielle bien huilée, ne saurait masquer la réalité d’un pouvoir de plus en plus solitaire.
À l’approche d’élections censées marquer la fin de la transition, l’incertitude règne. Aucune date n’a encore été arrêtée, et les conditions d’un scrutin libre, équitable et inclusif semblent loin d’être réunies. De nombreux Guinéens craignent une prolongation déguisée de la junte au pouvoir, sous couvert de stabilité.
Par Mohamed KONATE
