Dans une longue lettre adressée à ses partisans depuis sa cellule en Afrique du Sud, Kemi Seba affirme avoir été victime d’une opération montée par des « services secrets néocoloniaux », avec l’implication présumée d’intermédiaires russes et de nationalistes boers sud-africains. Le président de l’Urgences Panafricanistes revient en détail sur les circonstances de son arrestation, qu’il présente comme une machination politique destinée à « détruire » son combat pour la souveraineté africaine.
Une exfiltration organisée avec des contacts russes
Dans son récit, Kemi Seba explique avoir tenté de quitter discrètement l’Afrique du Sud après avoir sollicité plusieurs soutiens internationaux. Il affirme s’être finalement tourné vers Alexandre Douguine, présenté comme son « dernier contact de confiance » en Russie.
Selon lui, un homme se faisant appeler « Remi », décrit comme un intermédiaire russe mandaté par Douguine, aurait organisé une opération d’exfiltration vers le Zimbabwe avant un départ prévu pour Moscou puis le Niger. L’activiste affirme que deux agents de sécurité zoulous, sympathisants de Julius Malema, avaient été chargés d’assurer sa protection dans les premières heures de l’opération.
Mais le plan aurait tourné court à Pretoria. Kemi Seba raconte qu’après un transfert entre plusieurs équipes de sécurité, des hommes cagoulés les auraient interceptés, lui et son fils, avant de les conduire devant des agents des services secrets sud-africains.
Des accusations contre des nationalistes boers et les services secrets
Le militant panafricaniste affirme avoir découvert, après son arrestation, que les deux hommes qu’il croyait russes étaient en réalité des « nationalistes boers » liés à des réseaux proches de la Russie et déjà surveillés par les autorités sud-africaines.
Dans sa lettre, il s’interroge sur le choix de ces intermédiaires dans une opération censée rester discrète, dénonçant une incohérence stratégique et évoquant la possibilité d’une infiltration. « Il y a pour moi quelque chose qui cloche dans cette affaire », écrit-il, tout en affirmant continuer à faire confiance à Alexandre Douguine.
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Revenant sur son parcours idéologique, Kemi Seba affirme avoir évolué d’un discours inspiré du « black nationalism » vers une approche davantage centrée sur la lutte contre les élites qu’il accuse de perpétuer « injustice sociale », « prédation économique » et « néocolonialisme », qu’elles soient « blanches ou noires ».
En conclusion de son message, le président d’Urgences Panafricanistes appelle ses partisans à poursuivre la mobilisation et assure que cette arrestation renforcera son engagement politique : « Cette étape, loin de nous enterrer, va plus que jamais nous élever », écrit-il.

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