Affaire Koumassi Campement : Le directeur de publication de fait de L’Éléphant Déchaîné, Assalé Tiémoko, a réagi au droit de réponse de la ministre de la Cohésion nationale et de la Solidarité, Belmonde Dogo, après une enquête du journal satirique consacrée à l’affaire Alloui Jacques et aux démolitions d’habitations dans le quartier Campement à Koumassi. Dans une mise au point publiée par la rédaction, le journal conteste plusieurs éléments avancés par la ministre, notamment sur la chronologie des événements et la procédure de publication de son droit de réponse.
La rédaction affirme avoir découvert « avec une réelle surprise » la diffusion du droit de réponse de la ministre sur les réseaux sociaux et sur sa page Facebook officielle, alors que celui-ci était initialement destiné au journal. Selon L’Éléphant Déchaîné, cette démarche ne respecterait pas les dispositions de la loi sur la presse, qui encadre strictement les modalités d’exercice du droit de réponse.
Le journal rappelle notamment que l’article 68 nouveau interdit la publication ou la diffusion d’un droit de réponse dans d’autres supports que celui ayant mis en cause l’auteur de la réponse. Il estime ainsi que la publication anticipée sur les réseaux sociaux constitue une entorse à la procédure prévue par la réglementation.
A Koumassi, une bataille autour de la date des démolitions et du contradictoire journalistique
Au-delà de la procédure, le principal désaccord porte sur la chronologie du déguerpissement du quartier Campement à Koumassi. Belmonde Dogo reproche au journal d’avoir affirmé qu’elle avait reçu Alloui Brou Jacques le 2 juin, soit la veille de l’opération de démolition. La ministre soutient, de son côté, que cette rencontre a eu lieu le 4 juin, alors que les opérations étaient encore en cours.
La rédaction de L’Éléphant Déchaîné rejette cette contestation et estime que le différend relève davantage d’une divergence de dates que d’une remise en cause du fond de l’enquête. Elle réaffirme que les démolitions ont commencé le 3 juin et se sont achevées le même jour, en s’appuyant notamment sur un communiqué du procureur de la République daté du 10 juin, évoquant des « démolitions des constructions opérées le 3 juin ».
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Le journal affirme également que la ministre aurait elle-même indiqué, sur sa page officielle certifiée, que l’opération s’était déroulée le 3 juin, avant de présenter une autre chronologie dans son droit de réponse. Une contradiction que la rédaction demande à voir clarifiée.
Enfin, L’Éléphant Déchaîné défend le travail de ses journalistes, rappelant avoir appliqué le principe du contradictoire en sollicitant des explications auprès du cabinet ministériel avant la publication de l’enquête. Selon le journal, une demande de réaction aurait été transmise le 30 juin, sans réponse de la ministre ni de sa direction de communication.
La rédaction indique attendre la réception physique du droit de réponse afin de le publier conformément aux exigences légales, tout en appelant les administrations publiques à davantage de dialogue avec les journalistes. Elle précise par ailleurs que certaines informations avancées par la ministre sur les fonctions d’Assalé Tiémoko au sein du journal seraient inexactes.
