Autrefois prisée pour son calme et sa modernité, la banlieue chic de Kyanja, aux portes de Kampala, est aujourd’hui le théâtre d’une violation massive de la vie privée. Une vingtaine de vidéos intimes, filmées à l’insu de voyageurs dans des locations de courte durée, inondent désormais les réseaux sociaux.
Ce qui n’était au départ qu’une rumeur sur des groupes Telegram privés s’est propagé comme une traînée de poudre sur X, Facebook et TikTok. L’affaire a pris une dimension nationale lorsque des personnalités publiques et des influenceurs auraient été identifiés sur ces images. Pour les clients, le choc est total : ce qui devait être un séjour discret dans un appartement « haut de gamme » s’est transformé en une exposition publique forcée.
Une crise de confiance majeure pour l’économie collaborative à Kyanja
Face à l’ampleur du scandale, la colère gronde contre les hôtes Airbnb de la région. Soupçonnés d’avoir installé des dispositifs de surveillance illégaux, ces derniers font face à des appels pressants à des poursuites judiciaires. Au-delà des faits divers, c’est toute la fiabilité du modèle de location entre particuliers qui est remise en question.
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- Paranoïa légitime : De nombreux voyageurs vérifient désormais systématiquement la présence de caméras espionnes avant de s’installer.
- Impact économique : Les annulations se multiplient à Kyanja et dans les quartiers voisins comme Ntinda, poussant certains propriétaires à retirer leurs annonces.
- Appel à la loi : L’opinion publique exige désormais une régulation stricte et des enquêtes officielles pour garantir la sécurité et l’intimité des usagers.
« Chaque citoyen a droit au respect de sa vie privée, quel que soit son statut. » — Un message qui résonne lourdement alors que les autorités sont attendues au tournant pour légiférer sur ce Far West numérique.
