Un discours d’unité et de souveraineté
Dans son message, Mamadi Doumbouya a invité l’ensemble des citoyens, y compris ceux de la diaspora, à se rassembler autour d’un projet national commun. Il a promis une Guinée tournée vers la paix, la justice et une prospérité partagée, tout en affirmant sa volonté de renforcer l’indépendance du pays dans ses choix politiques et économiques. Élu pour un mandat de sept ans, il a insisté sur la nécessité de dépasser les divisions et de regarder vers l’avenir.
Le président élu a également salué le déroulement du scrutin, affirmant que la Guinée avait montré sa capacité à choisir son destin dans le calme et le respect des institutions. Selon lui, les missions d’observation internationales ont confirmé le bon déroulement du processus électoral.
Une victoire écrasante dans un contexte contesté
La Cour suprême a proclamé la victoire de Mamadi Doumbouya dès le premier tour, avec 86,72 % des suffrages exprimés. Ce score confirme les résultats provisoires annoncés quelques jours plus tôt. Derrière lui, Abdoulaye Yéro Baldé, leader du Front démocratique de Guinée, arrive loin derrière avec un peu plus de 6 % des voix.
Cette élection s’est toutefois tenue dans un contexte très critiqué. Plusieurs figures majeures de l’opposition, en exil, n’ont pas été autorisées à se présenter. Le scrutin a été boycotté par une partie de l’opposition, qui l’a qualifié de simple mise en scène électorale.
Du coup d’État au pouvoir sans partage
Mamadi Doumbouya dirige la Guinée depuis le coup d’État de septembre 2021, qui avait renversé le président civil Alpha Condé. À l’époque, il avait promis de rendre le pouvoir aux civils à l’issue d’une transition. Quatre ans plus tard, cette présidentielle marque officiellement la fin de cette période, mais elle entérine aussi la continuité de son pouvoir.

Durant la campagne, le chef de l’État est resté discret, sans véritables déplacements sur le terrain. Il est apparu en tenue civile, rompant avec son image militaire, mais toujours entouré de membres des forces spéciales, l’unité avec laquelle il avait pris le contrôle du palais présidentiel en 2021.
Des réactions internationales contrastées
Peu après l’annonce des résultats définitifs, les États-Unis ont adressé leurs félicitations au président élu. Washington a exprimé sa volonté de renforcer les relations bilatérales avec la Guinée et de travailler à la stabilité et au développement économique du pays.
Sur le plan intérieur, la situation reste tendue. Depuis l’arrivée de la junte au pouvoir, de nombreux partis politiques ont été suspendus, les manifestations sont interdites et sévèrement réprimées, et plusieurs acteurs de la société civile ont été arrêtés ou contraints à l’exil.
Lire aussi : CAN 2025 : l’arbitrage fragilise la compétition et place le Maroc dans une zone de turbulences
Une opposition toujours alarmée
Dans son message du Nouvel An, l’opposant Cellou Dalein Diallo a dénoncé ce qu’il considère comme une prolongation d’un régime d’exception. Selon lui, la fin annoncée de la transition ne marque pas un retour réel à l’ordre constitutionnel, mais plutôt une période sombre pour la démocratie guinéenne.
Alors que Mamadi Doumbouya promet stabilité et unité, une partie de la population et de l’opposition reste sceptique quant à l’ouverture politique et au respect des libertés dans la Guinée de l’après-élection.
Avec Europe24.fr
